Le 15 mars 1968, le journal Le Monde, alors indépendant, publie un article prémonitoire de Pierre Vianson Ponté, intitulé "la France s'ennuie".
"Ce qui caractérise actuellement notre vie publique, c'est l'ennui. Les Français s'ennuient. Ils ne participent ni de près ni de loin aux grandes convulsions qui secouent le monde, la guerre du Vietnam les émeut, certes, mais elle ne les touche pas vraiment.
La jeunesse s'ennuie. (...) Quant aux jeunes ouvriers, ils cherchent du travail et n'en trouvent pas. (...) Heureusement, la télévision est là pour détourner l'attention vers les vrais problèmes: l'état du compte en banque de Killy, l'encombrement des autoroutes, le tiercé, qui continue d'avoir le dimanche soir priorité sur toutes les antennes de France."
De même que la France de Sarkozy étouffe sous un régime policier, la France du général de Gaulle étouffe sous les règles, le conformisme, et le pouvoir absolu de la droite. Dans les lycées, filles et garçons sont séparés. Des tenues strictes sont exigées. Le jean est interdit et les filles n'ont pas le droit d'être en pantalon. Les élèves doivent se lever quand le professeur entre dans la classe.
Tout va commencer par un incident banal, une punition contre des étudiants de Nanterre qui avaient transgressé l'interdiction d'aller dans le dortoir des filles. Les étudiants commencent alors une grève qui va faire tache d'huile, se propageant aux universités parisiennes, et en particulier à la Sorbonne qui est occupée par les étudiants grèvistes. Le pouvoir gaulliste réagit par la répression policière, en envoyant les CRS déloger les étudiants, dont certains sont arrêtés et emprisonnés. En réaction, les grandes manifestations du quartier latin commencent...
La suite des évènements avec un extrait de "68", le documentaire de Patrick Rotman...
ou si vous avez plus de temps, le film à partir du début, avec Woodstock et la guerre du Viet Nam dans laquelle s'embourbaient les Etats-Unis, comme aujourd'hui en Afghanistan et en Irak...
Un autre résumé des événements en France avec un documentaire diffusé dans "Droit d'inventaire" sur France 3. La première partie est consacrée aux manifestations étudiantes, aux barricades dans le Quartier Latin, aux grèves, et à la façon dont les syndicats, et en particulier la CGT, s'est révélée être les meilleurs alliés du pouvoir pour étouffer la révolte et favoriser le retour à l'ordre, en réduisant une contestation global de la société à de simples revendications salariales...
La deuxième partie est centrée sur le contrôle de la télévision par le pouvoir, la censure quotidienne, et la grande grève des journalistes qui s'en est suivie, avant des licenciements massifs en représailles. Et la troisième partie est celle du retour à l'ordre...
Enfin, une musique qui représente bien l'atmosphère et l'énergie de ces années là, Pierre Henry et sa "Messe pour le temps présent", composée pendant l'été précédent, en 1967...
Une pub à message comme il n'en existe plus, c'était Apple en 1999, lorsque le monde était encore libre...
"Les fous, les marginaux, les rebelles, les anticonformistes, les dissidents, tous ceux qui voient les choses différemment, qui ne respectent pas les règles... vous pouvez les admirer, ou les désapprouver, les glorifier ou les dénigrer, mais vous ne pouvez pas les ignorer, car ils changent les choses, ils inventent, ils imaginent, ils explorent, ils créent, ils inspirent, ils font avancer l'humanité.
Là où certains ne voient que folie, nous voyons du génie. Car seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu'ils peuvent changer le monde y parviennent."
Les menaces d'emprisonnement contre les leaders de l'opposition se précisent. Yadwollah Javani, le chef du bureau politique des "Gardiens de la révolution" a appelé à "juger et punir" l'ancien président réformateur Mohammad Khatami et les deux candidats de l'opposition, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, pour leur rôle dans la contestation post-électorale. "Quel est le rôle de Khatami, Moussavi et Karoubi dans ce coup d'Etat ? S'ils en sont les instigateurs, et c'est le cas, les responsables de la justice et de la sécurité doivent les arrêter, les juger et les punir pour éteindre les feux de ce complot" a-t-il déclaré dans l'hebdomadaire des Gardiens de la révolution.
Un autre responsable militaire a également demandé dimanche des mesures contre "les chefs du complot".
Par ailleurs, on a appris que des personnes arrêtées après le scrutin présidentiel contesté du 12 juin avaient été violées en détention.
Sur son site internet, le candidat réformateur battu Mehdi Karoubi écrit:
"De hauts responsables m'ont déclaré que des jeunes hommes en détention avaient été violés, et aussi que des jeunes femmes en détention avaient été violées d'une façon qui a causé de graves blessures".
Selon les autorités, les personnes arrêtées lors des manifestations post-électorales ont été transférées à la prison Evin de Téhéran où sont détenus de nombreux prisonniers politiques. Aux dires des autorités, quelque 200 personnes arrêtées lors des manifestations restent en détention, parmi lesquelles des hommes politiques réformistes, des journalistes, des militants et des avocats.
La jeunesse iranienne qui est dans les rues aujourd'hui est née après la révolution islamique et n'a connu que le régime des mollahs porté au pouvoir par leurs parents. Ayant abondamment accès à internet et aux TV occidentales par satellite, les jeunes iraniens ne supportent plus les règles étouffantes qu'on leur impose et la répression tatillonne de la flicaille islamiste omniprésente (police des moeurs, gardiens de la révolution et miliciens islamistes). Une situation qui n'est pas si éloignée de celle du Sarkoland et son régime policier (avec des prétextes de répression différents).
Parmi les manifestants, il y a aussi beaucoup d'Iraniens des classes moyennes dont le pouvoir d'achat s'est effondré à cause de l'envolée des prix. Là encore, ça rappelle quelque chose...
Tous les médias étant contrôlés par le régime (eh oui, en Iran aussi !), Internet est le principal moyen utilisé par les Iraniens pour obtenir des informations et en diffuser, en particulier les sites de partage de vidéos et de photos (YouTube, Flickr), et les sites de réseaux sociaux Twitter et Facebook permettent aux manifestants de communiquer et s'organiser malgré la coupure des émetteurs de portables par le pouvoir.
Elections truquées
En 2006, les élections municipales en Iran avaient été très défavorables au parti d'Ahmadinejad. A l'exception d'un sondage américain qui le donnait vainqueur, les sondages iraniens le donnaient battu.
Il semble que la fraude ait été préparée de longue date. Ahmadinejad était sur la défensive et s’attendait à perdre cette élection. D’après des informations que Libération a réussi à obtenir auprès d'employés du ministère de l’Intérieur, « des bassidji (miliciens islamiques paramilitaires) sont venus, le jour du scrutin, remplacer certains fonctionnaires chargés de collecter les résultats. Selon des fuites obtenues auprès d’experts dans ce même ministère, les vrais scores des candidats sont radicalement différents de ceux annoncés officiellement: le réformateur Mir Hussein Moussavi serait ainsi arrivé en tête avec 19 millions de voix (sur 42 millions de votants), devant le second candidat réformateur, Mehdi Karoubi, qui a recueilli 13 millions de suffrages, Ahmadinejad n’arrivant qu’en troisième position avec 5,7 millions. Dès lors, un second tour aurait dû avoir lieu sans la présence d'Ahmadinejad ». Au lieu de cela, il a été déclaré largement vainqueur dans 32 régions sur 34, avec au total 24,5 votes contre 13,2 pour Moussavi.
Pendant que les états distribuent des centaines de milliards aux banques et aux multinationales, permettant à leurs dirigeants de continuer à s'engraisser de manière indécente à coup de stock options, primes et "golden parachutes", les salariés sont "dégraissés" par milliers par ces mêmes multinationales. Jamais les injustices n'ont été aussi criantes, et jamais la défiance et la colère n'ont été si fortes envers un pouvoir perpétuellement au service des plus riches.
Même De Villepin le dit...
Illustration avec la colère d'un agent immobilier pris à la gorge par la crise et interviewé en direct sur RMC...
Désormais, la révolte est en train de s'étendre à des catégories intermédiaires dont la majorité votaient encore Sarkozy il y a 2 ans...
Merci à Plebius qui a trouvé cette interview sur DailyMotion !
Sur Indymedia Grèce est parue une lettre des amis d’Alexandros Grigoripoulos, le lycéen assassiné de 3 balles par un policier:
Nous voulons un monde meilleur.
Aidez-nous.
Nous ne sommes pas des terroristes, des « cagoulés », des «connus-inconnus» .
NOUS SOMMES VOS ENFANTS.
Ces « connus-inconnus » …
Nous avons des rêves. Ne tuez pas nos rêves.
Nous avons de l’élan. Ne stoppez pas notre élan.
SOUVENEZ-VOUS.
Un temps, vous étiez jeunes aussi.
Maintenant vous cherchez de l’argent, vous n’êtes intéressés qu’à la vitrine, vous avez pris du poids, vous avez perdu vos cheveux.
ET VOUS AVEZ OUBLIE.
Nous attendions votre soutien.
Nous attendions votre attention, nous pensions que nous allions être fièrs de vous - pour une fois.
EN VAIN.
Vous vivez des vies fausses, la tête penchée, vous êtes alliénés, rendus au système…
Vous avez jeté l’éponge et vous attendez le jour de votre mort.
Vous n’avez plus d’imagination, vous ne tombez plus amoureux, vous ne créez pas.
Vous vendez seulement et vous achetez.
De la marchandise partout.
L’AMOUR ET LA VERITE ? NULLE PART.
Où sont les parents ?
Où sont les artistes ?
Pourquoi ne sortent-ils pas dans les rues ?
Le message des Résistants à l'occasion du 60è anniversaire du programme de la Résistance adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944.
Ce programme a été mis en oeuvre après la Libération par le gouvernement d'union nationale du général De Gaulle, établissant des avancées sociales et politiques qui sont aujourd'hui largement menacées.
Avec Lise London, Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Philippe Dechartre, Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont, Georges Séguy, Maurice Voutey.
Conscience collective L'indicateur en temps réel du Global Consciousness Project change de couleur en fonction de la convergence ou de la divergence des pensées humaines du moment, le tout à partir d'une analyse en temps réel du web... Les couleurs vont du rouge (cohérence très forte) au bleu (cohérence faible) en passant par le jaune et le vert (cohérence moyenne)